Test: Visite en Famille à la Cité de l’Océan

Publié par le 3 Fév 2014 dans Actualités | 2 commentaires
Test: Visite en Famille à la Cité de l’Océan

Pour Biarritz Vague d’avenir, je teste la sortie familiale à la Cité de l’Océan à Biarritz.

Devant la Cité de l’Océan, on est marqué par le hall d’entrée vide. Ses grandes baies vitrées rendent transparent l’échec de fréquentation du site. Une piqûre de rappel pour les locaux passant à proximité. La cité de l’océan, véritable gouffre financier, a raté son entrée dans le cœur des Biarrots. A mon échelle, mère de deux enfants, comment expliquer que je prenne sans hésitation un abonnement à l’année au musée de la mer et que je ne pense pas à la cité de l’océan ?

La cité de l’océan est réservée aux plus de 7 ans. Un ticket adulte à 11 €, et un ticket enfant à 7,30 €.

La première impression devant l’omniprésence du blanc est surprenante, rappelant plus le froid polaire que l’océan. L’ordre de visite est déconcertant. On est un peu perdu, carte en main, étudiant les horaires. La mission est noble, celle de sensibiliser les gens à la protection de l’océan, le contenu est intéressant mais difficile d’accès. Il faut de la volonté pour rentrer dans le concept.

La modernité apparente n’a pas équipé les installations vidéos de système pour avancer ou reculer le contenu des enregistrements. Sur certaines activités, la présence d’un guide dynamise un peu la froideur de l’établissement avec humour et de nombreuses connaissances. Et si vous vous montrez bons élèves, vous pouvez apprendre sur les différentes facettes de l’océan, sa naissance, son mouvement, sa fragilité, ses habitants, ses profondeurs, la fascination polaire et les explorateurs, la conquête du pôle sud et du pole nord. Et plus encore. Mais en quatre heures, il ne nous a pas été possible de tout faire.

Le prix de l’entrée à la cité de l’océan n’est pas excessif si on considère la quantité de connaissances à disposition. Mais pour avoir le temps de se familiariser avec le concept et pour profiter des connaissances, il faudrait deux visites au prix d’une pour avoir le sentiment d’une sortie réussie. Ceux qui ont pensé ce concept n’ont jamais entendu parler de capacité d’attention de courte durée. Les enfants ne peuvent se concentrer longtemps. Les jeux sur grands écrans, ou l’interaction des films 3D les retiennent un moment. Mais très vite, les enfants se rappellent que malgré l’attrait de la technologie, ils ont des envies de courir.

Je balance entre l’attrait du contenu et la nécessité de surveiller les enfants, qui ont eux lâché prise. A mi-visite, les enfants manifestent leur faim et leur soif. Pas de machine pour distribuer des barres de céréales ou des boissons. J’opte pour la visite du Sin restaurant. Je manque de faire demi-tour, tant l’espace me parait peu adapté aux familles. Un bar, pas de nourriture, deux jus de fruits de très petite taille pour sept euros. Si la cible de la clientèle reste floue, à la vue de l’impressionnante taille des toilettes, il semblerait qu’on attendait ici une foule. Pourtant même dans l’auditorium, la salle est vide.

Le film ‘bal des tigres’ fait frissonner à la vue de plongeurs approcher de si près les requins. Le film sur Tahiti et Kelly Slater en 3D vous réconcilie enfin avec le côté récréationnel de l’océan, soit 15 minutes sur les quatre heures de visite. La salle désertique a du bon. Pas une âme n’est là pour se plaindre du jeu de cache-cache avec les sièges des deux enfants.

On peut se réjouir qu’un établissement ne sous-estime pas les capacités de son public, mais il est impossible d’en faire le même usage que celui du musée de la mer, où le ludique se mêle à l’enseignement, et où tous les âges se retrouvent. La cité de l’Océan est une démonstration de technologie et de science. Il serait plus juste que Biarritz, une station balnéaire – et non le lieu d’une expédition scientifique sur la glace – se donne pour mission de faire aimer l’océan de façon ludique. Ce qui serait peut-être plus efficace aussi pour amener les gens à s’engager dans sa défense. Nos dirigeants et les concepteurs manifestement élitistes, ont compris peu de chose à l’attrait affectif et économique du surf et de la glisse en général. Pourquoi le plafond de la cité de l’océan qui ressemble tant à une rampe de skate n’en est pas une ? Pourquoi avec ces moyens techniques, on n’ajoute pas à cette vitrine le surf, attrait manifeste de la ville ? Oui, l’océan est large et plein de mystères, et on a beaucoup à apprendre, mais avec toute cette ambition à force de trop intellectualiser l’océan, on rate la cible. Ironique pour une ville qui attire beaucoup pour le coté récréationnel de son océan.

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A propos de l'auteur :

Conseillère Municipale à Biarritz Déléguée à la Jeunesse et à la Vie Scolaire.Présidente du Centre de Musiques Actuelles ATABAL.

2 Commentaires

  1. legros - gisors
    4 février 2014

    nous y sommes allés Sylvie et moi , en voyant le prix prohibitif de l ‘entrée nous avons fait demi tour , beaucoup trop cher, tout comme le musée de la mer . donc les tarifs = 50 % moins chers , moitié prix et l ‘entrée valable pour les deux musées , validité la journée . 24 h .

    en plus : commentaires d’amis qui ont visités :: nul , archi nul , cela ne casse rien !! ils sont gonfles de faire payer , ce prix , pour ça ! il n ‘y a rien d’extraordinaire , c’est de l ‘arnaque !

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  2. Frédéric Weiss
    20 mai 2015

    Mais pourquoi ce bunker digne du mur de l’Atlantique, à 42 millions pour la ville à payer sur trente ans. Vous imaginez, chers Biarrots, ce que la ville pourrait faire avec 30 fois 1.4 millions d’euros? De plus pour un bunker totalement vide du 1er janvier au 31 décembre. Il y en a plein des comme ça construits par les nazis pendant le guerre, à visiter gratuitement. Et le fait que ce soit la propre fille de Borotra qui ait été chargée de l’étude du dossier pour 40 000 euros, ce la ne pose pas questions? Il n’y a pas conflit d’intérêt? Cet ex maire devrait être amené à rendre des comptes, c’est bien le moins. Il était appelé Louis XIV par ses colistiers, les employés municipaux, les édiles, cela situe le bonhomme.

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